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Catherine Cardoso, le plus bel hommage à François Vatel

Si François Vatel restera dans l’Histoire comme l’incarnation de l’art de recevoir français, Catherine Cardoso, Directrice Evénementiel du Four Seasons George V, lui fait chaque jour honneur.


Catherine Cardoso, le plus bel hommage à François Vatel

Désigné en 2014 “Meilleur Hôtel du Monde » pour la 11e année consécutive, le légendaire et emblématique Four Seasons George V est l’un des plus beaux palaces de la capitale, véritable symbole de l’hôtellerie de luxe à la française.

Si François Vatel restera dans l’Histoire comme l’incarnation de l’art de recevoir français à son plus au niveau d’exigence, Catherine Cardoso, diplômée de Vatel Nîmes en 1998 et Directrice Evénementiel depuis plus de 10 ans du Palace lui rend chaque jour le plus beau des hommages en réalisant de somptueuses réceptions.

 

Pourquoi avoir choisi d’intégrer Vatel et quels souvenirs en gardez-vous ?

Ce fût le hasard d’un échange avec Martine Lessault, rencontrée à Lisbonne, où je finalisais mon Baccalauréat. Martine était Directrice générale de l’un des plus beaux hôtels de la capitale, le Lapa Palace, avant de diriger l’Hôtel & Spa Vatel**** à Nîmes. Choisir Vatel s’est alors imposé à moi, sachant que depuis mes 16 ans, je voulais intégrer le monde de l’hôtellerie et du tourisme. J’ai donc choisi de faire confiance à une professionnelle. Ayant pris des renseignements sur les modalités d’inscription dans d’autres grandes écoles hôtelières à la même époque, j’ai davantage été attirée par la formation pratique que proposait Vatel, partant du principe que l’on ne peut pas bien exercer un métier si nous n’en connaissons pas tous les rouages. Et pour cela, quoi de plus formateur que le terrain ? Vatel était l’école qu’il me fallait.

Si c’était à refaire, je n’hésiterai pas une seconde. Car aujourd’hui encore je fais débuter chaque nouveau membre de mon équipe par une période d’observation d’un mois en immersion dans tous les départements et services de l’hôtel auxquels il va être confronté au quotidien dans son rôle et ses missions. Se mettre à la place de l’autre pour comprendre ses besoins et ses contraintes reste la meilleure façon d’appréhender le métier. On ne peut pas vendre ce que l’on ne connaît pas. Et à ce niveau d’hôtellerie, nous vendons du rêve et de l’émotion. Il faut les vivre et les ressentir de l’intérieur pour pouvoir en parler à notre tour. Cela permet en outre de créer de la cohésion d’équipe, d’apprendre à se découvrir, à se parler, à aller vers l’autre, à dire les choses, à communiquer. Ce qui est d’autant plus important dans la gestion de conflits notamment.

 

Quels enseignements avez-vous retirés de vos années à Vatel ?

L’alternance d’une semaine sur deux entre cours théoriques et pratique opérationnelle au sein même d’un hôtel 4* en exploitation était une chance unique de découvrir le métier. Il ne s’agissait pas de faire semblant ou de « jouer à la petite marchande », car nous accueillions de vrais clients dans les 57 chambres et suites, restaurant gastronomique et brasserie que comptait l’hôtel à l’époque. De quoi se frotter aux rudiments du métier, car il était question de vraies situations professionnelles. Les stages venaient corroborer les semaines d’application pratique, notamment le stage de 1re année, 3 mois seulement après avoir intégré l’école. Un stage déterminant en cela qu’il permettait à tous les étudiants d’être confortés – ou non – dans la voie qu’ils avaient choisie ou qu’on leur avait imposée. Les 2e et 3e stages permettaient de se spécialiser dans sa voie de prédilection au fur et à mesure de l’avancée du cursus. Pour ma part j’ai penché vers le F&B, encore très présent dans mon métier aujourd’hui.

 

Vous avez évolué au sein du George V du poste d’Assistante Banquets à celui de Directrice des Conférences et des Banquets à la tête d’un service de 12 personnes, racontez-nous comment vous avez gravi les échelons…

Là encore, en suivant mon instinct : on ne peut pas vendre ce que l’on ne connaît pas. A l’époque où j’ai postulé au George V, j’occupais le poste de Coordinatrice Banquets au service commercial de l’Hôtel de Crillon, que j’avais décroché au cours de mon stage de fin d’études. Or le George V devait renaître de ses cendres (sous l’enseigne Four Seasons) – après 2 années de rénovation complète – quelques semaines plus tard à peine, mais les postes du service commercial avaient déjà tous été pourvus. J’ai donc sauté sur l’occasion en acceptant le poste d’Assistante Banquets opérationnel, toujours mue par ma conviction profonde que connaître le terrain faciliterait ultérieurement mon travail. Mon expérience en vente des salons de réception de l’Hôtel de Crillon m’avait vite mise face à mes limites sur ce point, par manque de pratique opérationnelle spécifique à ce service. Je n’ai donc pas réfléchi une seconde quand j’ai eu l’opportunité d’aider à mettre en place le service opérationnel Banquets à l’ouverture du Palace.

Les « échelons » suivants ont là encore été une succession d’opportunités que j’ai su saisir : m’être trouvée au bon endroit au bon moment face aux bonnes personnes. Je ne « brigue aucun mandat » ni ne cours après aucune médaille : la satisfaction d’un travail bien fait au quotidien est mon moteur. De plus, je me sens investie d’une mission au sein de la chaîne pour laquelle je travaille : faire évoluer le métier événementiel, qui, dans les hôtels, n’en est qu’à ses balbutiements. Comme je suis très persévérante, j’amène ma pierre à un édifice que j’espère voir érigé sous peu…

 

Cela fait plus de 10 ans maintenant que vous occupez ce poste : quel est votre meilleur souvenir ?

Mon plus beau souvenir reste et restera la transmission de ma passion pour ce métier.Voir en fin de stage des étudiants vous dire qu’ils ont trouvé leur voie et souhaitent la poursuivre est le plus beau cadeau.

Au-delà de l’éternel recommencement qu’est ce métier - car rien n’est jamais acquis et nous créons des expériences émotionnelles propres à chaque client - ce qu’il y a de plus gratifiant est le résultat d’une pédagogie aboutie et réussie. C’est la part essentielle à la transmission du savoir. Car ce métier ne s’apprend pas dans les livres tant il relève de l’émotion. Tout comme le métier de Concierge ou Directrice de Spa, ce sont des métiers de grande expertise technique, qui, par définition, ne peuvent s’apprivoiser en moins de 3 ans, et commencer à être maîtrisés au bout de 10. J’apprends encore moi-même tous les jours ! Il faut donc beaucoup de persévérance et s’armer de patience.

C’est un métier intarissable, qu’il faut sans cesse réinventer, qui demande beaucoup de flexibilité, d’adaptation et de polyvalence, car les clients recherchent toujours la nouveauté. Il est idéal pour les vrais curieux de tout et du monde, créatifs, perfectionnistes et ayant soif de se dépasser.

 

Pouvez-vous nous raconter une journée type ?

Il n’y en a pas ! C’est le propre des métiers de service lorsque notre activité première est de répondre aux sollicitations des clients en temps réel. Et comme nous sommes un hôtel, qui par définition ne ferme jamais, les journées sont rythmées par la cadence des demandes et priorités à gérer, qui sont sans cesse chamboulées. C’est ce qui fait que nous ne lassons jamais car il n’y a pas de monotonie dans notre travail, malgré – et c’est ce qui est paradoxal - les expériences éphémères que viennent rechercher nos clients. Car nous pourrions croire que les demandes sont toujours les mêmes : il n’en est rien !

 

Un métier éminemment intéressant donc mais aussi très exigeant. Les métiers de l’hôtellerie sont-ils pour vous compatibles avec une vie de famille ?

Oui, car il n’y a plus le « bureau » et la « maison ». Avec le monde hyper-connecté dans lequel nous vivons, il n’y a plus réellement de frontières entre les deux. L’un s’invite chez l’autre en permanence. Nos clients ne travaillent plus devant un ordinateur, ils n’ont pas besoin d’être au bureau pour répondre à leurs courriels, et bien souvent téléphone professionnel et personnel (portable le plus souvent) ne font plus qu’un. A chacun de savoir se préserver des plages de tranquillité et savoir déconnecter pour se ressourcer et recharger les batteries.

 

Comment définiriez-vous l’art de recevoir à la française ?

L’Art du détail, la pérennisation des méthodes, la transmission des recettes, la culture de l’engagement et du respect de nos pairs, de nos mentors, de nos formateurs. La défense de l’esthétisme, de l’élégance, du raffinement, du bon goût, du savoir-être, du savoir-vivre. Et surtout la fierté d’appartenance à une école de la vie qu’est le métier d’hôtelier. C’est – à mon sens - en grande partie ce qui fait le succès de l’hôtellerie à la française, reprise dans bien des pays. Le tout allié avec de vraies valeurs de service, d’éthique, de savoir-être, d’humilité et de partage ancrées dans d’autres cultures, et cela donne non pas l’art de recevoir, mais l’art d’être au service des autres. Dans les métiers du luxe, cela va plus loin. Je définis le service de luxe comme une forme de sensibilité instinctive à faire plaisir et aimer servir. Je vous renvoie à une interview que j’ai récemment réalisée pour un magazine spécialisé dans l’événementiel sur le sujet: http://www.mazel-events.com/

 

 

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